ATELIER DU GUÉ, éditeur

(association des amis de l’Atelier du Gué)

Créé en 1975, l’Atelier du Gué est une structure artisanale d’édition, attachée à la qualité des gestes de la fabrication comme à ceux de la création. Son domaine privilégié est celui de la nouvelle et du texte court. Pour tous les spécialistes, il est aujourd’hui un éditeur de référence.

Ses livres, dont la présentation est particulièrement soignée et adaptée au texte court : recueils, anthologies, nouvelles et contes forment un catalogue de premier plan.

Dans le domaine étranger, l’Atelier du Gué a ouvert une collection dédiée au Mexique et à l’Irak. Il publie l’œuvre de l’écrivain irakien Jabbar Yassin Hussin.

De son implantation géographique et son implication dans la vie locale est né un ensemble de titres concernant le Sud de la France. Quelques titres ont largement dépassé le lectorat local : Plaire aux vaches, Le Festin occitan ou encore Le Manuel du puisatier

L’Atelier du Gué est présent dans les manifestations importantes de la vie du livre, en France et à l’étranger.

La revue littéraire Brèves « Anthologie permanente de la nouvelle », dorénavant publiée par l’association PLN, donne à lire chaque trimestre une quinzaine de nouvelles inédites, des entretiens avec des écrivains, des informations sur l’actualité littéraire. Certains numéros sont consacrés à des écrivains d’un pays étranger, toujours avec le souci de privilégier l’inédit, l’invention, la découverte. Son premier numéro est paru le 15 mars 1981, fruit de la rencontre avec le maquettiste et graphiste Jacques Gaïotti. Brèves prenait ainsi la suite de la revue Le Gué, créée en janvier 1976.

Atelier du Gué, éditeur
Tél. 04 68 69 50 30 
Fax. 04 68 69 51 13
mél : editions@atelierdugue.com

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A PROPOS DE LA REVUE BRÈVES 
(revue Septimanie)
par Jean-Pierre Longre (Maître de conférence à l’Université Lyon III)

TEXTES COURTS, PLAISIRS DURABLES

A une époque où la littérature se joue volontiers des limites. où les frontières entre genres apparaissent comme floues, il subsiste paradoxalement des revues spécialisées dans tel ou tel domaine : le roman, la poésie, le théâtre, la nouvelle... Resterait bien sûr à savoir, dans le dernier cas, si la nouvelle est un genre en tant que tel, ou si elle n’est qu’une branche de l’« archi-genre » narratif, avatar miniaturisé ou « laboratoire » du roman, confinant parfois au poème en prose. Pour nourrir la théorie, il faut de la matière, et c’est cette matière que Brèves offre aux lecteurs, sans négliger la réflexion

Publication complète sans prétention à l’exhaustivité, sérieuse sans pédantisme, récréative sans démagogie, Brèves a résisté à tous les assauts qui ont abattu nombre de ses semblables, ces revues littéraires dont la disparition a été aussi rapide que leur naissance. Les obstacles de tous ordres (techniques, financiers, administratifs) ont pu être surmontés (le sont encore sans doute, tant il est vrai qu’ils sont toujours d’actualité) grâce à une ligne éditoriale constante, une obstination sans faille, un but inébranlable : promouvoir la nouvelle de tous les pays sous toutes ses formes, sur tous les tons ; une promotion qui ne se calque pas sur les lois du commerce ou de la mode, mais sur celles de la qualité de la sensibilité, de la nouveauté, de l’originalité, « bref » une promotion dont les critères sont ceux de la littérature, une littérature qui suscite plaisir et émotion.

N’oublions pas qu’une revue comme un livre, est aussi un objet à tenir en main et à mettre sous les yeux. Format pratique (fidèle à celui des débuts), belle couverture, illustrations intérieures confiées à un dessinateur invité toujours différent... avec Brèves, la satisfaction des sens complète celle de l’esprit.

Il y a chez Martine et Daniel Delort, les artisans de l’Atelier du Gué, un parti pris tenace et passionné : celui du récit court, dans ses strictes limites mais aussi dans toutes ses perspectives. Auteurs méconnus ou reconnus, ignorés ou notoires, textes en langue française ou traduits, lapidaires ou développés, poétiques ou réalistes, humoristiques ou fantastiques, rassurants ou déroutants... rien n’est banni des pages de Brèves. Nul ostracisme dans le choix des textes. Bien sûr, certaines livraisons peuvent paraître, subjectivement parlant, moins convaincantes que d’autres, mais c’est le risque de tout choix, l’activité éditoriale n’est pas une science exacte, et la liberté des lecteurs doit être préservée. C’est en tout cas ce qui semble important aux yeux des responsables de la revue : fournir au lecteur le choix des auteurs, des éclairages, des textes, à l’intérieur du cadre déterminé de la nouvelle ; permettre ainsi à la création de s’épanouir en s’offrant à la perspicacité et au plaisir du public.

Parmi les revues littéraires françaises, Brèves est, depuis de nombreuses années, celle qui nous renseigne sans doute le mieux sur l’essentiel de la production de textes narratifs courts, prouvant ainsi que la nouvelle, genre à part entière portant en germe ou en concentré l’essence même de l’art littéraire, ne peut se faire connaître que par elle-même. Chaque numéro représente un degré supplémentaire dans cette connaissance, favorisant la création et enrichissant le patrimoine. Souhaitons à Brèves une vie encore longue.

Jean-Pierre Longre