Vous pourrez lire les articles de presse de chacun des titres 
en cliquant sur cette icône   à chaque fois qu’elle apparaîtra en bas de la page
.



DERNIERS ARTICLES PARUS
à propos d’ Amours d’occasion
de Enrique Serna

LES INROCKUPTIBLES - 1er décembre 2004
Le Mexicain Enrique Serna manie l’humour noir en virtuose. « Elle aurait voulu acheter un billet pour l’enfer, mais à cette heure-là, il n’y avait que des cars pour Chilpancigo. » Chez Enrique Serna, le destin est une vacherie qui tombe sous le sens. Un engrenage maléfique sans éclat ni grandeur, aussi implacable qu’insipide, presque un dommage collatéral. Et contre l’ironie du sort, toutes les révoltes ont quelque chose de dérisoire. Amertume et désir de vengeance sont les moteurs de personnages lésés par des vies de location, qui carburent à la cruauté. Les histoires de ce Mexicain de 45 ans, repéré par Garcia Marquez, encore inconnu en France, mais qui, avec quatre romans et deux recueils de nouvelles, jouit d’une réputation de trouble-fête au sein de la littérature hispanique, dépècent sans pitié bons sentiments et pires secrets.Qu’il s’attaque aux élans du cœur de la ménaupose frustrée (une femme aigrie décide d’adopter le petit rescapé d’un tremblement de terre), aux déchaînements de passions trop longtemps tues(un prêtre précipite une extrême-onction vengeresse), à l’absurdité du snobisme de ’art (comment grandir avec un tatouage signé Picasso), Serna n’est jamais méchant sans être drôle, juste, et d’une redoutable finesse dans la satire, qu’il qualifie lui-même de de ’sentimentale’. Il maitrise l’art de la chute en virtuose railleur, enperfectionniste du mauvais coup.     
(Judith Steiner)


TÉLÉRAMA - 15 janvier 2005
Il faut se méfier des écrivains - ceux qui font de la manipulation un grand art - et en particulier de ce Enrique Serna : son premier recueil de récits traduit en France brûle les mains. Héritier de Gabriel Garcia Màrquez (qui le salue avec ferveur), ce Mexicain de 45 ans appartient, entre autres avec Horacio Castellanos Moya (Le Dégoût éd. Les Allusffs), à une nouvelle génération de nouvellistes guerriers, sarcastiques et drôles qui ne craignènt rien, sinon la médiocrité, le consensus.
Enrique Serna s’attaque à l’imagination, n’hésite pas à mettre en scène un Picasso en villégiature à Cannes, une pute sur le retour dans un Mexico aux relents de sexe et de drogue, ou un curé en débandade. Il décrasse la narration à coups de rosseries (il est aussi perfide qu’une Agota Kristof), balance ses personnages dans des histoires improbables et s’amuse à inventer une nouvelle morale, « comme tous les rands libertins » (in « Homme avec minotaure ») : « Nous sommes dans l’ère de l’imposture, chéri. L’art est mort depuis que nous avons mis un prix dessus. » L’art est mort ? Vive la littérature !
                                                                                                                                              (Martine Laval)
A lire également un numéro spécial de la revue Brèves (n° 71) consacré aux écrivains mexicains.